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INTERSYNDICALE PREMIER MAI - BATAY OUVRIYE

Mise à jour - Libération des Victimes de l’Injuste Répression à la Brasserie du Nord, Cap-Haïtien

Cap-Haïtien, 2 mai 2003

Le mardi 29 avril, Ronald Toussaint et Vilcius Lainé, les deux ouvriers injustement battus et arrêtés à la Brasserie du Nord par suite de leur réclamation d’un ajustement salarial la semaine dernière, ont été relaxés par le Parquet du Cap-Haïtien. Cette libération n’a suivi aucun jugement, jusqu’au procès-verbal de l’arrestation étant resté vierge. Simplement, les deux ouvriers ayant constitué avocat, l’ordonnance de libération était émise.

Il est à noter qu’en plus de la bastonnade qu’ils endurèrent à la Brasserie du Nord, arrivés à la Prison du Cap-Haïtien (Arsenal), ils eurent à subir une volée encore plus importante que la première des mêmes membres de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO). C’est cette même Unité qui avait agressé les travailleurs du Programme Alimentaire Mondial en octobre 2001, les arrêtant illégalement en plus. De nombreuses complaintes ont été enregistrées au sujet de sa brutalité abusive, en particulier lorsqu’il s’agit de réprimer le peuple dans ses revendications légitimes.

Notons également que le lundi 28, une haute délégation de la Brasserie Nationale venue de Port-au-Prince avec avocat, s’était présentée au Barreau du Cap et qu’une série d’audiences eurent lieu entre elle et la Court à huis clos. A leur conclusion, les prisonniers étaient renvoyés en prison jusqu’au lendemain, mardi. La Brasserie du Nord fait partie du puissant consortium de la Brasserie Nationale d’Haïti, dont le patron, Michael Madsen, d’origine danoise, compte parmi les familles d’industriels les plus riches de ce pays, propriétaire également de l’Import-Export Madsen. La Brasserie Nationale est productrice de la bière locale « Prestige ». La famille, arrivée en Haïti à la fin du 19e siècle, représente le Consulat du Danemark en Haïti depuis des années.

Le Premier Mai, la Plateforme des Organismes Haïtiens de Défense des Droits Humains a dénoncé la répression du mardi 22 avril en ces termes :

« Le premier mai marque la journée internationale des travailleurs. C’est l’occasion pour nous, de la PODH, de prendre position sur les droits et conditions de vie des travailleurs à travers le pays… Serait-il possible que, sitôt rentrés à l’usine, ces êtres humains cessent d’être citoyens ? Ces usines constitueraient-elles donc des ‘zones de non-droit’ ? La répression y est impitoyable. Prenons en exemple les événements du 22 avril à la ‘Brasserie du Nord’ du Cap-Haïtien, où les patrons de l’usine ont fait appel à l’UDMO pour réprimer les ouvriers dans leur mouvement de protestation en vue d’un ajustement salarial des 35 gourdes par jour… Tout en dénonçant ces violations des droits ouvriers par les patrons et l’Etat, nous profitons de l’occasion du premier pour réaffirmer avec plus de force les droits ouvriers consacrés à l’Article 35 de la Constitution ».

L’Intersyndicale Premier Mai Mai - Batay Ouvriye associe sa voix à celle des deux ouvriers libérés, des autres travailleurs rendus silencieuses de l’entreprise par peur de représailles, à celle du PODH et du Haïti Support Group, pour exiger, une fois de plus, des sanctions maximales à l’encontre des criminels-auteurs de ces abus et réparation pour les ouvriers si injustement traités ainsi que leur familles.


Lisez ici la première note émise concernant cette affaire.

Lisez ici la position prise par la Plateforme des Organismes Haitiens de Défense des Droits Humains

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