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RÉPRESSION 2000

Dès la mi-2000, Batay Ouvriye a subi plusieurs attaques de personnes se présentant comme des partisans de la « Famille Lavalas » et qui se dressent en face de nous pour continuer à défendre les intérêts des classes dominantes. Ces attaques ont été perpétrées en divers points du pays, spécifiquement le Plateau Central, l'Artibonite et le Nord-Ouest.

Dans la section communale de Garde-Sixième (St. Michel de l'Attalaye), un membre de l'Assemblée Communale de la Famille Lavalas, Dilouis Damas, a abattu de plusieurs balles au dos et de plein sang-froid, Wilnor Bonplan, le frère d'un membre de Batay Ouvriye, le 7 juin 2000, au grand jour (durant l'après-midi). Nous rappelons pour mémoire que ce même Dilouis Damas persécute les travailleurs de la région depuis plusieurs années. C'est lui qui avait ligoté, battu et fait plusieurs d'entre-nous passer diverses journées en prison en 1997. C'est lui encore qui avait préparé un massacre à Latalay durant cette même année 1997, que nous, de Batay Ouvriye, parvenions à déjouer. Aujourd'hui, nous nous joignons à la famille du défunt pour mettre l'action publique en mouvement contre cet assassin et forcer les instances électorales (du Bureau Électoral Communal au Conseil Électoral Provisoire) à freiner ses ambitions électorales ; car il est censé être passé aux « élections ». Nous oeuvrons donc à faire éliminer son nom de la liste des « élus »et 'empêcher à « prêter serment au poste » - ceci bien que, pour nous, aucune de ces instances n'aient la moindre légitimité.

Dans le Plateau Central, des membres d'une organisation populaire Famille Lavalas de la zone de Belladères-Lascahobas ont tendu une embuscade à l'intention de nos membres de cette région; seul notre sang-froid empêchait qu'il y ait mort d'homme. Constatant leur échec, un groupe d'hommes armés encerclait la maison où dort habituellement un de nos membres. Cette bande de bandits signifiaient clairement que indépendamment de l'heure où du jour où ils rencontreraient nos membres, ils les élimineraient.

Au Plateau Zéphir, près d'Anse-Rouge dans le Nord-Ouest, un groupe de personnes se déclarant partisans de la Famille Lavalas, mercenaires à la solde des propriétaires fonciers, tendaient une embuscade à nos membres qui sortaient d'une réunion de métayers et d'ouvriers agricoles. Là, armés de machettes, les assassins encerclaient les membres de Batay Ouvriye qui, malgré tout, parvenaient à se défendre et à se dégager de ce guêpier meurtrier.

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Pour nous, tous ces cas s'inscrivent dans le cadre du développement d'une confrontation d'ampleur s'engageant entre Batay Ouvriye et ces groupes se déclarant membres ou sympathisants de la Famille Lavalas depuis plusieurs mois. Nous sommes confrontés à une série d'actes de provocation, d'intimidation et de menaces, carrément armées depuis les joutes électorales.

Cette persécution se fait non seulement dans l'intérêt, mais aussi avec la complicité directe des classes dominantes ; toutes ont intérêt à nous maintenir, nous autres travailleurs dominés et exploités, sous leur botte à perpétuité. Car, dans la plupart de ces régions, les travailleurs prennent des initiatives pour, après avoir défini leur plates-formes de lutte, avancer dans l'acheminement de leurs revendications, dénoncer, lutter pour arracher leurs droits.

Les partisans ou membres de la Famille Lavalas, tout comme les seigneurs féodaux des zones rurales l'ont toujours fait, déclarent qu'ils doivent contrôler tout ce qui se fait, tout doit passer par eux, ils doivent tout savoir : un encadrement absolu dans l'intérêt des classes dominantes pour empêcher aux ouvriers, aux travailleurs, de s'organiser pour mener leur lutte autonome. Il s'agit d'une répression et d'une terreur qui s'accompagne étroitement d'une démarche visant à acheter la conscience des gens en leur offrant des « cartes de Tabarre » (laisser-passer octroyant au porteur une immunité totale pour faire toutes sortes de méfaits, ainsi que divers avantages tels nourriture et crédits monétaires), consolidant de la sorte l'opportunisme et la dépendance chez les masses. Terreur et encadrement d'un côté, vaines promesses de l'autre, le tout dans l'intérêt des classes dominantes, voici le projet qui se dessine à travers les pratiques de la Famille Lavalas en divers points du pays. Et tous ceux qui ne l'acceptent pas se heurtent actuellement à une réponse armée.

Batay Ouvriye dénonce ce projet rétrograde anti-populaire qui caractérise les pratiques de la Famille Lavalas en divers points du territoire. Vigilence et résistance sont les uniques possibilités de l'éviter!

En même temps, nous alertons l'opinion nationale et internationale sur ces menaces et attaques directes qui se font à notre encontre et qui sont certainement le signe de sombres présages nous menaçant.

PRENONS NOS RESPONSABILITÉS EN MAIN !

Batay Ouvriye, 24 juin 2000

Lire ici la deuxième Déclaration au sujet de cette répression.

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