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ANNEXE 1 :

SYNDICAT DES TRAVAILLEURS DE LA BRASSERIE LA COURONNE – BRANCHE NORD /

SENDIKA TRAVAYÈ BRASRI LAKOUWONN BRANCH NÒ

(S. T.B.C. – B.N.)

RÉPONSE AUX ALLÉGATIONS DE RAYMOND JAAR

30 juin 2004

Nous reconnaissons que la Brasserie La Couronne existe depuis longtemps. Tout comme nous savons que dans certains pays de la Caraïbe, particulièrement Haïti, le secteur de la bourgeoisie agit à sa guise, car l’Etat est toujours en sa faveur. Ainsi  quelques soient les actes posés par cette classe contre les travailleurs, sous prétexte de fournir de l’emploi, ils ont toujours raison.

Cette compagnie parait respectable pour ceux qui ne savent pas ce qui se passe à l’intérieur avec les travailleurs produisant les gazeuses.

Contrairement à l’affirmation de la compagnie de ne pas employer de préposé au service des barrières, utilisant plutôt une compagnie de sécurité à cet effet, Filomé Cémérant a été gardien du portail du dépôt de la branch Nord de novembre 2001 à novembre 2005. C’est lui qui ouvrait et fermait la barrière et il n’a jamais touché à une caisse de gazeuses. Il a commencé par toucher un salaire de 1000 gourdes ($25) le mois et progressivement est arrivé à percevoir un peu plus du double. Lors des protestations du syndicat en novembre 2005, où la grève qui eu lieu conduisit à son licenciement, la revendication des salaires et des heures supplémentaires figurait à l’avant-plan. Ce n’est qu’alors qu’ont été payés les arriérés de salaire des heures supplémentaires, incluses avec les prestations légales lors de son licenciement.

Pour ce qui concerne les salaires : il faut commencer par noter qu’avant le mois d’avril récent, le salaire de base était bien de 50 gourdes par jour. Il n’a été ajusté que par suite de notre campagne. Mais jusqu’à présent, aucun « helper » ne perçoit 9.600 gourdes par mois. Nous voulons croire qu’une erreur s’est glissée dans le calcul de Raymond Jaar qui traduit cette somme en 900 gourdes par jour (pour 10 jours de travail par mois ?!!!). En faisant la division par 30, il résulte 320 gourdes par jour, que personne ne touche non plus. En vérifiant les carnets de paie des « helpers », nous voyons qu’ils perçoivent bien moins que les sommes avancées par Raymond Jaar et souvent moins que le salaire minimum légal de 70 gourdes. Notons que nous nous référons ici, tout comme par le passé, au salaire de base qui est le seul légal, toute autre forme de « commission » étant considérée comme un encouragement, selon la loi. Par des calculs dont seule la compagnie peut saisir les méandres, il parait que le salaire de base est généralement ajusté à la baisse dès que les ventes (et donc les commissions) augmentent.

  • Prenons par exemple le cas des chauffeurs. L’un d’entre-eux, Liberus Elisias, n’a perçu comme salaire de base pour le mois d’avril que 795 gourdes, soit 26,50 gourdes par jour. En mai, ce salaire de base est passé à 1711 gourdes, soit 57 gourdes par jour. En l’absence des commissions, il ne toucherait pas plus que cela.
  • De même, le salaire des “helpers” des dépôts n’atteignait toujours pas le salaire minimum national de 70 gourdes en avril 2006. Par exemple, Fotonique Jean, travailleur des dépôts de bouteilles, n’a touché que 1750 gourdes soit 58,33 gourdes par jour comme salaire de base en avril. En mai, cette somme a été ajusté à 2,200 gourdes, donc 73 gourdes / jour. En ajoutant les commissions, Fotonique Jean a touché 6595.90 et 6408 gourdes en avril et mai de cette année, ce qui est très loin des 9600 gourdes avancées dans la déclaration officielle de la compagnie.
  • David Milien, “helper” des camions, a touché 4.962 gourdes en avril 2006, soit 165,40 gourdes par jour. En mai, il a été payé 5,174 gourdes, soit 172,40 gourdes par jour. Pire : en termes de salaire de base,  pour le mois d’avril il n’a touché que 2050 gourdes, soit 68,37 Gourdes par jour ($US 1.75, et moins que le salaire minimum de 70 gourdes/jour.). En mai qui vient de passer, ce salaire a été ajusté par l’ajout de 250 gourdes. Ainsi il a perçu 2300 gourdes, une moyenne donc de G. 76,66 par jourUS $ 1.96).

Concernant la casse des bouteilles, un tarif est établi, certes. Cependant, à l’époque où le directeur Séraphin régnait, il comptabilisait ces casses à son aise et les travailleurs finissaient toujours par les payer. Ce n’est qu’avec le nouveau directeur que ces injustices se sont atténuées.

Les congés-maladie, que nous percevons actuellement, étaient extrêmement négligés sous l’administration précédente, même après que le syndicat ai porté le point à sa liste de revendications. Quant au congé annuel, ce n’est que grâce au syndicat qu’il a été mis en vigueur, progressivement.

La question de Gérard Petit-Frère a été vécue ainsi au sein du syndicat : la direction de l’entreprise lui proposa de faire un tour avec des individus qu’il ne connaissait pas et il s’est ainsi retrouvé à la direction de la police. Il a été interrogé et coffré, sans le moindre droit de réponse. Ce n’est que sa propre famille qui a entrepris les démarches en vue de son élargissement, sans jugement et sur simple accusation, sans preuve.

Concernant les supposés dix membres du syndicat, 45 membres sont affiliés dont la liste est annexée.

Pour le Syndicat :

Liberus Elisias                                                                           Fonique Jean

Coordinateur                                                                            Secrétaire

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