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LA SITUATION CHEZ LES CONTRACTEURS DISNEY / HAITI: MICKEY BOURREAU! (1998)

Megatex S.A. (une compagnie qui assemble les vêtements Disney à Port-au-Prince, Haiti) avait entamé, au cours du mois de juillet de 1998, une campagne de suspensions et de révocations d'ouvriers qui étaient soupçonnés de participer à la mise sur pied d'un syndicat. Ceci faisait partie d'une vague de répression anti-ouvrière et anti-syndicale dans laquelle les ouvriers étaient espionnés, rapportés, suspendus et révoqués pour avoir parlé avec entre eux des problèmes les confrontant à l'usine.aient suspendus sans explication après qu'ils lui ai parlé.

De telles représailles sont arbitraires et illégales. Il est courant chez Megatex de révoquer les ouvriers avant la conclusion de leur période probatoire de trois mois, afin d'éviter d'avoir à leur payer leur préavis et autres prestations légales. C'est donc dans ce contexte que la compagnie tentait de révoquer plus de 15 ouvriers dans les mois récents, parmi lesquels 7 s'engagaient dans des activités syndicales. Le mardi 21 juillet, après la visite d'une équipe d'inspection nord-américaine, deux ouvriers étaient suspendus sans explication après qu'ils lui ai parlé.

Megatex et Disney

Propriété de Michel Liautaud, Megatex a fonctionné sous trois noms depuis1988: Solec, Control S.A. et Megatex S.A. Liautaud peut aussi être le propriétaire ou le co-propirétaire de deux autres industries de sous-traitance vestimentaire: :Megatex 2 et Parc Industriel 32. Nos informations sont limitées sur ces 2 autres usines, mais essentiellement les conditions sont les mêmes dans chacun des trois. Megatex assemble des vêtements pour Disney depuis un nombre d'années; il était l'une des 14 ou 15 usines étudiées durant l'été de 1995 qui aboutit à l'étude du National Labor Committee" : " Les États-Unis en Haïti: Comment devenir riche sur 11 cents par heure. " Ce rapport et la cassette-vidéo, " Mickey Mouse Va en Haïti, " peuvent être obtenus du NLC au (212) 242-3002, <natlabcom@aol.com >.

Les ouvriers de Megatex assemblent des vêtements pour le Waterbury Garment Corporation, qui se contracte avec Disney pour produire la ligne de POOH - aussi bien que pour d'autres compagnies qui contractent avec Disney. D'autres clients à Megatex sont K-Mart et Sears. Plus de la moitié de la production chez Megatex est pour Disney. En plus de l'étiquette de Disney, d'autres noms de marque pour lesquels Megatex produit incluent: True-Fan Sportwear, Royal Manor, Basic Editions and Jackie's Girls. Ces dernières années, d'autres usines produisant pour Disney au Haïti ont été le sujet d'alertes pressantes.

Il s'agit ici de la première fois qu'on appelle à une action pressante axée autour de Megatex. Il n'a pas encore été possible de déterminer qui constituait cette "équipe d'inspection" ni quel contracteur elle était censée représenter, mais l'équipe était composée de deux hommes accompagnés de leur propre interprète/guide haïtien.

Les inspecteurs avaient obtenus le droit de parler aux ouvriers "sans restrictions" - mais , avant l'arrivée de l''équipe, l'administration annonçait au moyen des haut-parleurs placés dans l'usine, que les ouvriers ne devaient pas dire la vérité concernant leurs conditions de travail et leurs bas salaires! On leur prévenait que s'ils disaient de "mauvaises choses", ils perdraient leur travail parce que l'usine perdrait ses contrats avec la compagnie américaine. Spécifiquement, ils ont été commandé de mentir au sujet de leur revenus. Au lieu de rapporter les 36 gourdes (US$2,20) réels touchent, on leur dit de dire qu'ils touchaient US$36. Malgré tout, certains ouvriers, questionnés sur leur salaire et leur conditions de travail, avouaient à l'équipe d'inspection l'extrême difficulté qu'ils ont pour survivre avec ce qu'ils gagnent à l'usine. On demanda aux ouvriers des questions à propos de leurs corps évidemment sous-nourris et leur couleur livide. Ils répondirent honnètement qu'ils ne pouvaient se nourrir correctement à cause de leurs bas salaires. Les entrevues ne se faisaient pas en privé. Un superviseur se tenait près. De plus, les adminstrateurs étaient répartis dans toute l'usine et auraient pu facilement surprendre n'importe quelle conversation. Enfin, certains ouvriers ont pu être à la solde de la direction comme informateurs. In addition, some workers may have been serving management as informers. N'importe laquelle de ces personnes pourrait avoir su ce que les ouvriers ont dit à l' "équipe d'inspection".

Conditions de Travail

Mis à part le salaire, d'autres préoccupations chez les ouvriers sont les toilettes dégoûtantes, le manque d'eau potable et le harcèlement de toutes sortes, y compris sexuel - particulièrement de l'un des hommes dans la section de comptabilité. Le traitement irrespectueux est commun et le droit à la parole l'organisation n'existent pas.

Effets de la Campagne de Solidarité Internationale

Peu après la dénonciation de ces pratiques, les ouvriers suspendus ont été repris. De plus, le Syndicat qui était mis sur pied au même moment arrivait à obtenir une audience avec Michel Liautaud, le patron, qui disait accepter de dialoguer avec lui à condition que ce ne soit l'organisation "qui semait ces mauvaises paroles à son sujet".

Aujourd'hui le Syndicat lutte pour l'obtention d'une Convention Collective de Travail qui régirait les rapports entre la direction de l'établissement et les travailleurs.

("Ce pays là, nous n'en voulons PAS!" - Affiche du 1 mai 1998)

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