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DEUXIÈME PRÉSENCE BATAY OUVRIYE AU BRÉSIL

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À partir des rapports établis durant notre tournée au Brésil (voir Tournée Solidaire Batay Ouvriye Brésil, 1 au 10 mars 2007), notre organisation a été invitée à deux autres évènements devant se tenir en ce même pays. Il s’agit, d’abord, d’une réunion extraordinaire de l’ « Assemblée Populaire », coordination réunissant plus de cinquante organisations populaires de base dans les différents États du Brésil et, ensuite, d’une « Rencontre Nationale » planifiée par diverses organisations, dont, principalement, la « Coordination Nationale de Luttes (CONLUTAS) », fondée à la suite du « Congrès National des Travailleurs (CONAT) » les 5, 6 et 7 mai 2006, et qui est à l’origine de l’invitation qui nous a été faite.

Le but de ces deux rencontres était fondamentalement de se mobiliser contre les réformes qu’est en train actuellement de chercher à implémenter le régime Lula au Brésil. Il s’agit d’un ensemble de mesures devant mettre en branle le PAC (Programme d’Accélération de la Croissance) proposé par le gouvernement et qui facilite du même coup ce grand virement vers l’éthanol que tente d’imprimer Lula, sous commande du gouvernement américain, lui-même répondant aux désidérata des multinationales dans ce domaine. Cet ensemble de mesures accompagne donc la politique en train d’être mise en place où, pour laisser libre champ aux investissements (industriels et bancaires), toute une série de bénéfices sociaux, obtenus de haute lutte par les travailleurs durant plus d’un siècle de combat, seront drastiquement coupés. Salaire minimum quasiment bloqué pour une période indéterminée, retraites largement infirmées, travail de nuit banalisé, droit de grève altéré… Également une réforme de l’Université la privatiserait presque totalement, augmentant énormément, et par là même, le montant à payer par les étudiants et orientant tendancieusement le curriculum déjà fort aliéné. Les conditions de travail des salariés des services publics seront aussi tirées vers le bas, tandis que la réforme agraire promise au moment de candidature n’a jamais été sérieusement entamée et que les paysans qui luttent pour obtenir un lopin de terre sont encore actuellement durement réprimés.

Ce sont donc des pans entiers de la population qui pâtiront de ce « Programme », au bénéfice réel exclusif des grands propriétaires fonciers, des multinationales capitalistes et des banques : c’est encore le peuple, qui massivement avait réélu le candidat du PT, qui souffrira, trahi.

Le problème, pour le gouvernement, c’est que ce peuple n’accepte pas de se laisser ainsi dominé, extorqué, grugé, exploité. Et ce seront plus de six mille personnes en rage, représentants d’organisations ouvrières de toutes sortes et de tous niveaux, paysannes de toutes appartenances, de quartiers populaires de partout, estudiantines, des églises de base, des travailleurs de service, publics et privés, des femmes, des Noirs, encore si dominés en ce pays prétendu idyllique, de jeunes de tous genres ainsi que de partis politiques en profond désaccord, qui se donneront rendez-vous ce 25 mars 2007, pour refuser, marquer leur protestation, s’organiser et planifier, là-même, un calendrier de luttes et de mobilisations qui devront commencer le premier mai prochain et s’étendront jusqu’à atteindre l’objectif entendu : le blocage de ce plan macabre et le retour aux engagements populaires de la période électorale.

« Lula dit avoir changé de héros, les siens sont en effet aujourd’hui les grands propriétaires terriens, les banquiers, les investisseurs… ; les nôtres sont toujours les mêmes : ouvriers, paysans, travailleurs sans salaire, sans toit, sans droits, étudiants et population des quartiers pauvres bafoués, trompés, minorités exclues… ! » martelait Zé María, dirigeant de la CONLUTAS en début de rencontre.

Quoique n’étant pas membre organisateur, le MST (Mouvement des Paysans Sans terre) fut aussi présent, ainsi que des dissidents de la Centrale Unique des Travailleurs du Brésil (la CUT, dont la direction bureaucratique se pavane aujourd’hui au gouvernement et avalise toutes ses décisions) ceux-là forment aujourd’hui l’ « Intersyndicale », combative et conséquente, enfin des dissidents du PT même ayant depuis les dernières élections formé le PSOL.

En plus de notre organisation, la puissante Centrale Ouvrière de Bolivie, la COB, était aussi présente ainsi que des délégués des dissidents de la seule Centrale des Travailleurs d’Uruguay qui, quoique toujours à l’intrieur de cette centrale, forment un pôle qui désapprouve et critique ouvertement les orientations néolibérales de leur gouvernement ainsi que leur accompagnement tacite par les bonzes syndicaux de chez eux.

En quelques mots, nous avons à notre tour et de nouveau dénoncé la présence des forces d’occupation de l’ONU en Haïti, sous commandement brésilien et qui défendent l’implantation de ce projet sanguinaire qui, sous couvert de ‘donner du travail’ (tout comme à l’époque coloniale où il n’existait pas de chômage !), se prépare à exploiter cette main d’œuvre à bon marché - rendue bon marché - au beau milieu de cette misère généralisée, et considérée comme un « avantage comparatif » !

Sites:

CONLUTAS -

http://www.conlutas.org.br

PSTU - http://www.pstu.org.br

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