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30/08/2009

LEVI’S RESTE!

Tout au cours du débat autour des 200 gourdes de misère comme salaire minimum,
Tout au cours des démagogies qui se faisaient sur l’ajustement du salaire ouvrier comme supposé cause de la perte d’emplois,
Pendant que s’effectuaient toutes sortes de manœuvres (en catimini et avec une mauvaise foi évidente) – sans tenir compte, concrètement, que le secteur de l’assemblage est en position privilégiée pour payer les 200 gourdes, bien plus que de nombreuses autres types d’entreprises ; sans vouloir comprendre que la dite « perte d’emplois » ne résulte ni des salaires des ouvriers, ni de l’existence de syndicats à qui l’on prête l’intention de vouloir « fermer les usines »… mais bien plutôt de l’incapacité propre des patrons de l’industrie d’assemblage
Ainsi, durant tout ce matraquage/cirque médiatique, la compagnie Levi-Strauss, multinationale énorme qui produit des jeans à la zone franche CODEVI, à Ouanaminthe (Haïti, frontière nord-est avec la République Dominicaine) annonçait son retrait immédiat. Ce qui occasionnerait la perte de 1.600 emplois dans deux usines. Quand nous avons appris cela, nous nous sommes mobilisés immédiatement et avons pris contact avec différentes organisations solidaires pour examiner ce qui était possible pour éviter une telle situation.
Nous constations, parallèlement, que tout au cours des discours démagogiques malveillants de ceux qui déclaraient « vouloir éviter le chômage », PAS UN D’ENTRE EUX N’A LEVÉ LE PLUS PETIT DOIGT pour même discuter avec Levi’s, voire poser certaines conditions pour un tel retrait, voire faire objection (!) face à un tel déplacement subit. Ni les démagogues-manœuvriers votant en secret à la Chambre, ni l’Exécutif qui défend les intérêts des bourgeois de l’industrie d’assemblage exclusivement, ni même l’Association des Industriels Haïtiens (ADIH – dont CODEVI fait partie)… : pas un n’a fait le moindre effort ni pour « lutter contre le chômage », ni pour « protéger les ouvriers »  qu’ils affirment tant ‘aimer’ ces temps ci. AUCUN N’A FAIT QUOI QUE CE SOIT ! Ils préféraient comploter sur le dos des ouvriers en vue du vote de 125 gourdes comme salaire minimum.
Nous, dès l’annonce de cette nouvelle, rentrions directement en lutte, nous nous MOBILISIONS au niveau national, nous avons RASSEMBLÉ NOS FORCES au niveau international. Sur la base d’un appel large que nous effectuions avec le comité exécutif provisoire du Syndicat des Ouvriers de CODEVI Ouanaminthe (SOKOWA, en Créole), nous avons pu rallier diverses organisations sur cette question : United Students against Sweatshops (USAS), Worker Rights Consortium (WRC), International Labor Rights Foundation (ILRF), National Labor Committee (NLC), Unite Here !, United Steelworkers (USW), Maquila Solidarity Network (MSN) Clean Clothes Campaign / Hollande, Vêtements Propres / Belgique, Sweatfree, U.S. Labor Education in the Americas Project (USLEAP), People and Planet, Labour behind the Label, Solidarity Center, International Textile, Garment and Leather Workers' Federation (ITGLWF), Global Exchange, Labor and Religion Organization, Blue Green Alliance, International Brotherhood of Teamsters, Writers Guild of America, TransAfrica Forum, SustainUS, NAACP, parmi d’autres…
Ainsi, après de nombreux échanges entre Batay Ouvriye et ces organisations, nous avons pu définir une stratégie pour exercer une pression sur Levi’s pour l’empêcher de partir. Suite aux lettres de dénonciation envoyées à Levi’s, une délégation a formellement rencontré deux responsables de la compagnie à Washington. La délégation qui a rencontré la direction de Levi’s au nom de Batay Ouvriye comprenait :

  • Ron Carver, International Brotherhood of Teamsters, International Campaigns Director (Ports Division)
  • Jeff Hermanson, Writers Guild of America - West, Director of Organizing
  • Nnenna Ozobia, TransAfrica Forum, Director of Latin America and Caribbean Policy
  • Gladys Cisneros, AFL-CIO Solidarity Center, Americas Program Officer
  • Michael Williams, Blue Green Alliance, Legislative Representative
  • Kendra Kallevig, SustainUS, Climate Program Coordinator
  • Rod Palmquist, USAS, International Campaigns Coordinator
  • Shaun Martinez, USAS, Development Coordinator
  • Jack Mahoney, USAS, Strategic Campaigns Staff
  • Hillary Shelton (absence motivée), NAACP, Director of Governmental Affairs

Conséquence : la compagnie Levi-Strauss a pris la décision de rester en Haïti tout au moins jusqu’en décembre, avec une possibilité concrète de demeurer jusqu’en juillet 2010 et même plus, suivant les négociations, et de continuer avec les commandes. LEVI’S A RECULÉ. Et Batay Ouvriye, avec le mouvement solidaire, a pu SAUVER ces 1.600 emplois qui étaient immédiatement compromis.
Ceci même si nous devons continuer à œuvrer en vue de la sécurisation complète de ces emplois. Les négociations avec Levi’s continuent. En même temps, sur la base de cette pratique, Batay Ouvriye lutte avec les organisations solidaires pour que d’autres compagnies s’introduisent mais dans de meilleures conditions.
Pour nous, cette situation est due à la responsabilité de la CODEVI et de l’association industrielle dont elle fait partie, l’ADIH, donc : à l’incapacité des patrons de l’industrie d’assemblage. Les quotas de production excessifs, par exemple, ne permettent pas une production optimale : la mauvaise foi et l’esprit rapace des patrons résultent, finalement, en l’impossibilité de l’ « emploi » qu’ils disent prôner !!! La logique rapace de l’assemblage est en fait la cause du chômage ! Et, dans toute cette lutte, encore une fois : où était l’ADIH, avec tous ses ‘consultants’ (répétons : la CODEVI fait partie de l’ADIH) ? Où étaient le président Préval et ses acolytes ? Où se terraient les députés des 125 gourdes ?
Voilà pourquoi nous disons : tous ces gens-là, HISTORIQUEMENT, SONT FINIS !
Tandis qu’ils répriment sans ménagement et surtout sans souci, ils ne peuvent plus produire que mensonge, mystification, bluff.

Voici donc pourquoi, clairement, pour le Camp du Peuple, il faut une nouvelle ALTERNATIVE allant dans le SENS RÉEL DES INTÉRÊTS DES TRAVAILLEURS. Et la lutte au sujet du retrait de Levi’s nous enseigne sans aucun doute comment les intérêts des travailleurs correspondent à l’INTERÊT DU PAYS. Ainsi donc, d’un côté, l’ALTERNATIVE doit se développer sur tous les terrains ; ensuite, de l’autre, elle doit comporter en elle une orientation globale nationale souveraine.  sur la base des intérêts réels des travailleurs, ces deux aspects, en fait, ne font qu’un. C’est dans ce sens que nous luttons.

A BAS L’OCCUPATION !
A BAS TOUS LES REACTIONNAIRES AYANT VOTÉ CONTRE LES 200 GOURDES !
VIVE UN SALAIRE DÉCENT ET SOUTENABLE !
SYNDICATS ET CONTRATS DE TRAVAIL COLLECTIFS DANS TOUTES LES USINES !
AVEC UN CAMP DU PEUPLE TOUJOURS PLUS UNI DANS LE COMBAT : NOUS Y ARRIVERONS !

LA LUTTE NE FAIT QUE COMMENCER !

 

 

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