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RÉPONSE À L’ARTICLE HAÏTI-PROGRÈS DE LA SEMAINE DU 14 AU 20 MARS 2007 ET À LA CAMPAGNE DE DÉNIGREMENT ET DE DÉSINFORMATION ORCHESTRÉE AU BRÉSIL PAR CE COURANT OPPORTUNISTE

Dans l’intention de remettre sur pied leur Parti Populaire National (PPN) fantôme, les dirigeants et journalistes de ce courant opportuniste, ayant à leur tête le sinistre personnage dénommé Ben Dupuy (par ailleurs récemment copieusement vilipendé et dénoncé par ses proches mêmes) continuent leurs dénigrements et désinformations. Décidément, ces messieurs n’ont d’autres moyens de mener leur barque !

Réponse leur a été faite déjà en plusieurs occasions. Nous reproduisons ci-après celle publiée sur le site « Rebelión », plus synthétique et renvoyant aux différentes autres prises de position au cours de ce débat. Mais, justement, comme nous y faisions si bien remarquer, une fois en contact avec de nouveaux auditoires, ils reprennent le même refrain, même si celui-ci a déjà été, en leur présence parfois, démonté de toutes pièces. Il nous faut donc à nouveau remettre les pendules à l’heure. Ce que se chargera facilement de faire le texte qui suit. D’autre part, toutes les informations que ces messieurs à grands cris font « découvrir » aux autres, sont depuis toujours sur notre site que la plupart des organisations en contact avec nous connaissent fort bien et que nous indiquons rapidement et clairement à celles qui n’en ont pas encore connaissance. Nous ne voyons donc vraiment pas ce que font « découvrir » les opportunistes, à part vouloir battre la grosse caisse pour leur propre compte, étant donné que, généralement, presque personne ne parle d’eux.

Reste toujours à faire remarquer que Ben Dupuy, lui, n’a jamais répondu à certains points qui lui ont été maintes fois renvoyés, à savoir :

Où, lui, trouve-t-il ses fonds ? pour organiser manifestations, voyages, publications… … ?

Ni jamais voulu débattre de la question fondamentale : le gouvernement lavalas était-il vraiment en faveur des intérêts réels du peuple haïtien ? Nous prouvons le contraire. Et c’est ce qui semble profondément gêner ces messieurs du courant opportuniste, défendant les ‘grands mangeurs’ (ainsi nommés par le peuple haïtien lui-même) qui, actuellement également, se dénoncent l’un l’autre, et sont, à nouveau !, déjà !, cibles de scandales d’argent au parlement !

Quand nous savons le contenu du combat que défend n général par Batay Ouvriye et, plus spécifiquement, celui de nos dénonciations au Brésil (projet impérialiste de domination et d’exploitation, occupations, massacres de la MINUSTAH…) que notre rapport vient de confirmer, l’on se demande encore une fois : pour qui ces gens travaillent-t-ils ???

 


Port-au-Prince, Haïti, le 15 septembre 2006

Chers camarades,

Votre site Rebelión, le 8 juillet 2006, ainsi que d’autres sites ont reproduit un article de Jeb Sprague intitulé “El Fracaso de la Solidaridad: La CIOSL, AFL-CIO, OIT y ORIT en Haití”. Dans cet article, l’auteur fait des amalgames délibérés et émet autant de mensonges que de fausses accusations à l’encontre de notre mouvement, Batay Ouvriye . En vertu du droit de réponse que nous pensons avoir en cette circonstance, nous vous demandons de bien vouloir reproduire également notre version.

Avec nos remerciements anticipés, nous souhaitons clarifier avant tout que ce n’est pas la première fois que cet étudiant qui se veut un « militant de la chose haïtienne » - quoique de fort loin ! – lance ces allégations dénigrantes. Nous n’avons jamais pris la peine de lui répondre ainsi qu’à l’équipe qui le soutien, certains que nous étions de son rôle dans la gauche internationale dans laquelle, à force étiquettes et affirmations de « choc », il tente d’attirer l’attention (avec l’individualisme caractéristique du petit-bourgeois américain) et, surtout, d’avilir les organisations qui, comme la notre, sont sur le terrain de la lutte, affrontant quotidiennement les classes dominante et leur Etat pourri. Ce que tout un chacun peut vérifier sur notre site web (http://batayouvriye.org) ou, mieux - si on veut être réellement sérieux -, sur le terrain même de la lutte en Haïti.

Nous n’avons pas l’habitude de leur répondre, leur disant toujours que nous les attendons, précisément, face aux bourgeois, aux grands propriétaires fonciers… ce que, jusqu’à présent, nous n’avons jamais vu se réaliser. Nous ne leur avons pas répondu car on peut, de toutes les manières possibles, prouver à ces gens la fausseté et la faiblesse de leurs arguments, ils feignent être d’accord (comme cela a eu lieu lors d’un débat tenu à San Francisco, aux Etats-Unis) mais dès que présentés à un autre auditoire ou à d’autres personnes non-informées quant à la profondeur du débat, ils retournent aux mêmes manœuvres. Il s’agit d’un travail systématique de désinformation. L’essentiel demeurant de savoir qui les envoie, pour qui ils ‘travaillent’, ce qu’ils défendent réellement.

Nous ne leur avons jamais répondu directement car ils emploient une méthode caractéristique de la bourgeoisie qui est d’émettre des mensonges qui placent l’attaqué dans la position d’avoir à prouver qu’il n’est pas coupable ! Ainsi agissent tous les capitalistes du monde entier pour licencier n’importe quel travailleur de leurs usines.

Cependant, à chaque fois qu’il s’est avéré nécessaire de clarifier nos positions pour des camarades qui pourraient être trompés par les « révélations » de ces étudiants en mal de reconnaissance, nous l’avons fait. Et ainsi nous le ferons une fois de plus.

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Pour commencer, et clairement: le montant du financement avancé par Sprague est absolument faux. Nous avons reçu des fonds du Centre de Solidarité, d’abord, à partir d’une campagne ouverte (à laquelle ont d’ailleurs répondu de nombreux autres) avec un montant net de cent mille dollars pour les luttes dans les zones franches qui, avec les délocalisations mondiales ayant lieu, déstabilisent de fait l’emploi aux Etats-Unis même. Cette logique d’appui nous la comprenons ainsi et tout un chacun peut aussi la comprendre ainsi, s’il veut un tant soi peu réfléchir, s’il peut réfléchir un tant soi peu. Nous autres, nous l’utilisons. De plus, nous avons répété en de nombreuses fois qu’à chaque fois que nous pourrons tirer de l’argent d’un lieu quelconque, nous le ferons.  La critique militante est alors double : à quelle fin ? Et dans le cadre de quelle ligne de fonctionnement, de lutte ? Quel degré d’autonomie est permis par un tel rapport ? Dans notre cas, il s’agit précisément de l’autonomie TOTALE dans laquelle nous fonctionnons, dans laquelle les intérêts des travailleurs, et plus largement, du peuple, est l’unique critère pertinent pour nous. Chacun peut le vérifier. Plus encore : nous avons ouvertement, et jusque dans des rencontres organisées par le Centre de Solidarité même, critiqué tant sa ligne que son passé en Amérique Latine, comme on peut bien le vérifier dans notre réponse dans le cadre de ce débat même (http://tinyurl.com/refmp - en Anglais), dans un rapport au sujet d’une rencontre organisée au Guatemala par le Centre de Solidarité même (http://tinyurl.com/2equhb) et dans la “Lettre” que, après l’événement, nous avons envoyé aux participants (http://tinyurl.com/29vemm). De même, notre position au sujet du NED est aussi parfaitement claire (en Créole et Anglais : http://tinyurl.com/mag5z).

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Dans ses articles plus récents, toujours sans preuves réelles, Sprague continue à conforter sa position, alléguant que les intéressés du Centre de Solidarité ne l’ont jamais démenti. Nous comprenons fort bien que quasiment personne ne souhaite répondre à Sprague. Mais, vu que c’est pour cette raison même qu’il semble penser pouvoir conforter sa position, nous avons demandé une clarification de ce Centre. Ce qu’il nous fournit finalement et que plaçons directement plus bas, que le lecteur pourra facilement en contactant l’auteur de ces lignes, Teresa Casertano, directrice du programme régionale des Amériques du Solidarity Center. Quand nous avons demandé de quels $350,000 ou $450,000 octroyés en mai 2005 il s’agissait dans l’article en question, elle clarifia pour nous ce qui suit :

« Cet argent n’est pas une subvention faite à Batay Ouvriye . Il s’agit d’une subvention au Centre de Solidarité et c’est avec cet argent que nous avons couvert les dépenses de Evelyn (une employé du Solidarité Center) qui se firent pour le travail à Ouanaminthe. Il (Sprague)  se réfère à cette subvention quand il demande de savoir s’il s’agit d’une somme sur 12 ou 18 mois. Le point, là, est que vu le fort montant, le Centre demanda à ce qu’il ne soit pas employé sur seulement 12 mois car il n’est pas logique de dépenser de l’argent sans nécessité rien que pour le dépenser, mais bien plutôt de l’utiliser modérément en choses nécessaires. Le gouvernement nous dit que nous pouvions utiliser la même quantité en 18 mois au lieu de 12 mois et nous acceptons les 18 mois car il était plus sensé d’avoir plus de temps. »

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C’est dans ce sens, basé sur ce principe pour nous inviolable et qui mondialement différencie drastiquement les courants en lutte (l’exemple cubain en est un fort clair), que nous affirmons (et avons affirmé) que tout financement sera bienvenu. Dans une prise de position face à d’autres mensonges d’un autre journaliste de cette même équipe, nous nous sommes référés, encore une fois, à notre « Clarification » (http://tinyurl.com/2yjcv3) et, sans hésitation, répondions au point 3 : «… par exemple (et cela sera probablement sa prochaine « révélation ») Sprague oublie de mentionner que nos positions et luttes concrètes étant totalement claires, nous avons aussi informé l’agent secret-journaliste Fenton que la rumeur (ou erreur) laissant croire que la somme reçue eut été de $1,000,000.00 (un million de dollars) au lieu de $100.000.00 (cent mille), en total, pour nous cela aurait été complètement indifférent vu que même s’il en avait été ainsi, nous les aurions pris ! » (Corbett List, #27115, janvier 2006).

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TOUT est donc dit de notre part concernant ce thème. Pourquoi, alors, reviennent ces dénigreurs professionnels le remettre sempiternellement sur la table, utilisant l’ignorance de militants qu’un tel débat pourrait grandement intéresser ?

D’abord, pour continuer avec leur argument sensationnaliste visant à nous confondre avec le mouvement qui, dirigé par la bourgeoisie, se dressa face à Aristide. Ce que nous réfutons catégoriquement. Et ce ne sont ni les spéculations fausses ni les amalgames de dates volontairement malintentionnés qui prouveraient le contraire. Un de nos tracts (qui fut notre unique participation, de loin, à ce mouvement de 2003) exprime en toute clarté notre position (voir, à cette fin http://tinyurl.com/yqdga2).

L’argument piteux de vouloir nous assimiler avec le mouvement anti-Aristide dirigé par la bourgeoisie accompagne en fait un autre, autrement plus important, par lequel cette ligue entreprend de faire passer le gouvernement Lavalas et son clan de « grands-mangeurs », comme les avaient nommé le peuple haïtien lui-même, comme étant populaire ! Ce que, une fois de plus, nous avons démonté tant dans nos analyses que dans la réalité de la lutte (http://tinyurl.com/2yjcv3).

Nous nous sommes rendus compte que Sprague et l’équipe qui l’envoi au front refusent constamment de débattre ce thème sérieusement, se réfugiant derrière le paravent de ne rien dire de plus qu’il s’agissait d’un gouvernement élu démocratiquement et persécuté du fait d’être des masses, arrivant même à le comparer à Chavez ou Castro !!! (C’est là l’argument clé du piège). En plus de nos claires réfutations qui, à ce sujet, clarifient pour le publique que ce fut Aristide en personne qui permit (pire : mena !) la première intervention américaine de ’95 avec 20,000 (vingt mille) soldats étrangers sur nos terres et que, de même, cette seconde de 2004, il l’avait ratifiée (à la seule différente, qu’au sein des divers courants réactionnaires, cette fois, les impérialistes  l’ont chassé, lui). On pourra aussi, en plus de nos claires réfutations à ce sujet, ajouter que le gouvernement lavalas reçut aussi le financement (du FMI, de la Banque Mondiale…) appuyé par l’extraordinaire développement du capital financier et le renouvellement inouï du système banquier, tant national qu’étranger (principalement américain). Mais le pire est qu’une fois ces rapports établis, JAMAIS n’a-t-on plus entendu parler d’« impérialisme », encore moins de domination capitaliste ! Bien au contraire, le bilan d’ensemble de ce gouvernement prouve son désir de servir les grands du monde et du pays. JAMAIS, de fait, n’y a-t-il eu une ouverture ou un avantage pour les travailleurs dans tous les conflits enregistrés durant cette période.

Actuellement, le noyau dirigent Lavalas n’est pas directement au pouvoir. Il leur est utile – et possible – d’utiliser les revendications populaires de base pour tromper à nouveau le peuple, comme ils l’avaient fait en 2003, quand ils se sentaient attaqués de toutes parts. Il s’agit là d’une attitude classique de tout mouvement populiste qui, en réalité, jamais, une fois aux commandes de l’Eta, n’a laissé la plus petite marge d’ouverture au peuple et aux travailleurs face à leurs ennemis de classe.

Analyser – mieux – sérieusement et scientifiquement, le processus historique qui se développe actuellement dans ce pays de la Caraïbe, pour précisément savoir comment agir (pour, dès lors, agir concrètement), vers l’émancipation véritables des travailleurs et avec eux, le peuple entier, c’est ce que nous proposons. Analyse à laquelle nous invitons tous les militants, mondialement parlant, au lieu de s’enfoncer dans le miasme populiste et se laisser entrainer par les élucubrations de ces petits opportunistes pour qui l’objectif a toujours été de s’infiltrer parmi les classes dominantes : fonctionnaires bureaucrates aujourd’hui, grands propriétaires fonciers et bourgeois demain.

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