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SOLIDARITÉ DE BATAY OUVRIYE AVEC LES LUTTES DU PERSONNEL DE SOUTIEN DE L'UNIV. DE MIAMI


Batay Ouvriye était présent à l’Hôtel Villa Créole hier soir pour présenter et distribuer cette communication. Nous avons rendez-vous avec cette délégation le mercredi 15 mars 2006 pour discuter plus précisément de la résolution de cette situation des travailleurs de soutien employés à l'Université de Miami, à partir de notre transmission des revendications de base que les travailleurs organisés nous ont fait parvenir.

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NOTE DE PRESSE

12 mars 2006

Nous, à Batay Ouvriye, avons reçu l’invitation à une réception en l’honneur de la Présidente de l’Université de Miami, Donna Shalala et de l’auteur Dr. Laurie Garrett, pour une discussion sur Haïti ainsi que ses programmes et problèmes de santé. Nous considérons cette activité valable. Nous avons saisi l’occasion, cependant, pour souligner que tandis que Mme. Shalala démontre de cette façon son souci concret pour la situation de santé en Haïti, en même temps, elle place les travailleurs haïtiens et de nombreux autres dans une situation extrêmement périlleuse à l’Université qu’elle dirige et ceci concernant les mêmes services de base en question!

En effet : « En tant que plus grand employeur unique, l’Université de Miami a l’obligation spéciale d’être à l’avant-garde dans la lutte contre la pauvreté. Pourtant, les politiques de cette université ont en réalité augmenté le taux de pauvreté de Miami-Dade. Au sein d’une ville déjà pauvre, le personnel de soutien de l’Université de Miami figure parmi les plus pauvres, touchant aussi peu que $13,104 par an, moins de la moitié de la moyenne nationale, ce qui signifie la somme modique de $6.40 l’heure. » Selon la fédération syndicale SEIU (« Service Employees International Union), le personnel de soutien de l’Université de Miami, dont la plupart sont des immigrants d’Amérique du Sud, de Cuba et d’Haïti, perçoivent parmi les salaires les plus bas de tous les employés de ce secteur à travers les Etats-Unis.

« Les salaires sont bas, les prestations sociales presque inexistantes pour le personnel de soutien, car les firmes de nettoyage doivent placer des offres pour ce travail. Les firmes responsables qui paient des salaires plus hauts et qui fournissent des prestations médicales ne peuvent pas possiblement faire compétition aux firmes qui ne le font pas. C’est pourquoi les présidents d’université à travers le pays ont accordé une priorité au fait de n’engager que des firmes responsables pour leurs campus. Le résultat a été que les firmes placent leurs offres sur la qualité de leurs services, au lieu d’abaisser les salaires et prestations. La Présidente d’Université Donna Shalala s’est montrée réticente à engager l’université à financer des salaires supérieurs et une assurance médicale à leur portée au personnel de soutien de l’UNICCO. L’UNICCO a déclenché une campagne anti-syndicale du pire acabit, comprenant menaces et interrogations de ce personnel, aussitôt après qu’ils aient commencé à s’organiser sur le campus avec la branche syndicale « Local 11 » pour de meilleurs salaires, prestations et leur respect au travail.

Face à tout cela, le 1 février 2006, le « National Labor Relations Board – NLRB » (Commission Nationale de Relations de Travail) a déposé une plainte formelle contre l’UNICCO et, le 26 février, le personnel a voté massivement pour autoriser la grève à l’Université de Miami. »

Par conséquent, tout en dénonçant ces doubles standards, nous exhortons Mme Shalala au respect des revendications légitimes des travailleurs de l’Université de Miami, notamment ceux concernant l’assurance médicale. Nous exprimons notre solidarité à ces travailleurs réprimés et en lutte et, en même temps, encourageons le public haïtien en général à soutenir cette cause juste en incitant Mme Shalala à trouver une solution positive à ce conflit.


Ce matin du 15 mars, 2006, à 7:00 a.m., un représentant de Batay Ouvriye a rencontré la Présidente Shalala de l'Université de Miami. Notre Déclaration de Solidarité avec les travailleurs de l'Université de Miami lui a été remis et, comme nous avions aussi reçu, entre-temps, la dénonciation du groupe en lutte concernant la fausse neutralité de l'Université à ce sujet, ainsi que les revendications des travailleurs (voir ci-dessous), nous les lui avons également remis. Nous informons le public en général et les travailleurs de l'Université en particulier que, à notre demande pour que la situation soit positivement résolue dans l'intérêt des travailleurs, la Présidente Shalala a répondu que "c'est déjà fait". Donc, tout en réitérant notre solidarité avec les revendications des travailleurs, le suivi demeure essentiel pour leur entière satisfaction.

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15 mars 2006

Nous, à Batay Ouvriye, avons reçu les revendications du personnel de soutien de l’Université de Miami, appuyé par des membres engagés des corps professoral et estudiantin, des parents et organisations communautaire, ainsi que « S.T.A.N.D » (‘Students towards a new democracy’). Il s’agit là de revendications que nous, à Batay Ouvriye, connaissons bien et nous savons tout autant combien peuvent être cruelles de telles situations. C’est pourquoi nous renforçons davantage encore notre intervention, pour exiger que cette situation soit résolue dans l’intérêt des travailleurs. Voici leurs revendications :

Salaire décent (« living wage »)

Assurance de santé, bien au-delà du « Programme d’Enrichissement des Employés »

Respect des droits des travailleurs à l’organisation et à la représentation légale

Que l’UNICCO renonce à ses actions anti-syndicales, spécifiquement, le fait d’avoir :

  • Interrogé les employés au sujet de leurs loyautés syndicales ;

  • Espionné les travailleurs engagés dans des activités syndicales ;

  • Menacé les employés de représailles comprenant le refus de travail supplémentaire et la réduction d’heures de travail parce qu’ils auraient soutenu le syndicat et engagé des activités syndicales

  • Accusé les employés d’être déloyaux du fait d’avoir soutenu le syndicat et mené des activités syndicales

  • Interdit aux travailleurs de discuter d’affaires syndicales aux travailleurs

  • Promis un meilleur traitement aux employés qui ne soutiennent pas le syndicat

  • Exigé aux travailleurs de signer des documents désavouant leur soutien au syndicat

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La Présidente Shalala affiche une neutralité, disant qu’elle n’est pas responsable du comportement de l’UNICCO. Pourtant des membres engagés des corps professoral et estudiantin, des parents et organisations communautaire, ainsi que « S.T.A.N.D » (‘Students towards a new democracy’) ont une toute autre opinion. En effet :

  • Il n’est pas « neutre » que la Présidente Shalala soutienne l’appel de l’UNICCO pour une élection au niveau du National Labor Relations Bureau (Bureau du Travail) au lieu de respecter le souhait des travailleurs de l’UNICCO pour une reconnaissance sur la base de leurs cartes ;

  • Il n’est pas « neutre » que le Vice-président des Ressources Humaines fasse appel à la sécurité publique dans une tentative de faire échec à la distribution d’aliments, d’eau, de laits enrichis pour bébés et d’autres fournitures aux travailleurs de l’UNICCO ayant subi le Cyclone Wilma… ;

  • Il n’est pas « neutre » de tenter de limiter les pickets des travailleurs de l’UNICCO à une barrière de réserve au périmètre du campus ;

  • Et il n’est décidément pas « neutre » d’exiger que la centrale syndicale SEIU obéisse aux règles concernant la « barrière de réserve » lors de pickets, tandis que l’Université et l’administration de l’UNICCO semblent bien ne pas respecter ces règles elles-mêmes.

Une fois de plus, nous exhortons la Présidente Shalala pour qu’elle prenne en main les revendications justes du personnel de soutien de l’Université de Miami, en assurant leur satisfaction dans le respect des droits humains sociaux et économiques.

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