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Note de Presse

Au sujet de la Violence de Rue

Port-au-Prince, ce lundi 18 juillet 2005

Depuis un certain temps, et récemment de plus en plus, la violence de rue a atteint des sommets impensables. Les formes qu’elle assume s’assimilent de plus en plus à des actes carrément criminels. Certainement, ces formes NE SONT NULLEMENT DANS L’INTÉRÊT DES TRAVAILLEURS, NI DANS L’INTÉRÊT DES MASSES POPULAIRES EN GÉNÉRAL. Et elles peuvent même avoir des incidences négatives.

Nous voulons cependant rappeler que nous avons toujours signalé que cette violence tire ses racines de la situation de violence structurelle subie par le peuple haïtien en général et les travailleurs en particulier, c’est-à-dire : l’exploitation débridée, la domination et les humiliations que lui font subir les exploiteurs quotidiennement, l’entraînant vers la misère que nous connaissons et les souffrances au fond de nos cœurs.

S’il en était encore nécessaire, l’exemple des deux ouvriers malmenés par la sécurité de la firme CODEVI nous le montre clairement. Ils ont été battus à coups de crosse de fusils, à coups de bâton, à coups de pieds, ouvertement, devant tout le monde, et laissés là, au sol, baignant dans leur sang ! L’une était une femme en pleine ceinture ! A présent, face à tous ces témoignages flagrants, quand la justice de Fort Liberté donna raison aux ouvriers et condamna les coupables, voilà que nous apprenons par la voie des ondes de Radio Caraïbes que le représentant du gouvernement a trouvé moyen de déclarer qu’il n’approuvera pas le verdict car celui-ci « pourrait gêner les investisseurs » ! Ce qui nous porte à réfléchir sur qui, réellement, sème en permanence les germes de la violence !

Dans notre dernière note de presse nous informions le public des manœuvres du gouvernement pour tenter de bloquer le verdict en faveur des travailleurs, concluant spécifiquement que « chacun jugera ». Aujourd’hui, nous disons : « Chacun comprendra ! Chacun comprendra QUI, profondément et spécifiquement, fomente, entretient et planifie cette violence structurelle et le rôle joué en ceci par ce gouvernement ! ».

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